Avenue des Champs du Coeur

27 mars 2018

Pluie (2), impressions.

Pluie (2), impressions.

Je frissonne à ces chutes liquides comme si elles collaient à ma peau, il faut les écouter ces gouttes feutrées sur les tuiles ou les regarder se précipiter comme un mécanisme qu’on déclenche, elles nous envoûtent ces gouttes qui susurrent comme des frémissements de joie, se créent comme par miracle et viennent berceuses et endormeuses fleurer notre esprit d’un opium extatique, je la vois parfois s’étirer et tapoter tel un tapis qu’on déroule, un énorme faisceau de fils d’eau cinglant résolument le sol, renaissant en clochettes, éclatant puis reformant, fondant et resurgissant comme en ébullition, malléable parfois au gré du coup de vent qui la fait plier, interrompre, saccader, puis relancer pour de bon, impossible à arrêter dans son énergie de manade de chevaux au galop, elle sasse et ressasse, je prête mon oreille domptée au charme de cette magistrale mélodie tel des rires de bonheur, et mon regard ébloui, pénétré de cet immense feuillage liquide ne sait à quel rameau s’accrocher, des rus se tressent, glissent , s’engloutissent imbibés, on entend craquer et desserrer, le mécanisme prend fin, il a plu.

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23 juin 2015

Avenue Des Champs Du Coeur

Photo030 Je suis Kertach Mohamed, marocain amazigh, professeur de français du second cycle, passionné de la littérature, égaré parmi la diversité et la richesse énormes de la culture et de la connaissance, amusé et ému à la fois de ce qui arrive dans la vie et dans le monde, ai effectué quelques modestes recherches sur Claude Simon, René Barjavel, Cartier Bresson, Marguerite Duras, sur Le Visuel dans le Texte, sur l'argumentation et la critique littéraire...Le français que je maîtrise le mieux est ma troisième langue avant l'anglais. Très amical, incapable de me décider à entamer la rédaction de ma première oeuvre romanesque. J'espère trouver dans ce site un espace favorable de stimulation et d'exhortation.

 

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19 juin 2015

les Saisons, par Manal et Dady

2015-05-17 19

Les fleurs sont revenues dans le pré,

Des fleurs multicolores, des fleurs...

J'entends gazouiller les oiseaux et vois

Eclore les bourgeons.

Je contemple bleuir le ciel tout près,

Prêt à se poser,

Et le ruisseau murmurer et conduire

Doucement les petits galets dorés.

 

Il est revenu comme à l'accoutumée

L'Hiver si gras de nuages et de fumée.

J'aime regarder tomber la pluie,

Elle crépite comme le feu dans la cheminée

Fumante,

Et les flocons tout doucement s'accrocher aux

Cils et aux mèches des passants tout réjouis 

de ce paysage extraordinaire.

 

L'Eté était,

Mais ses rayons de soleil ont pénétré nos coeurs

Et y logent pour jamais.

C'est l'heure où le ciel a la couleur hâve des champs,

Et la nuit la luminosité des étoiles de campagne.

A quand alors ton retour ?

 

Tes feuilles ont pâli et voltigent 

Ou chutent pénétrées par les rayons brûlants de l'été.

Elles fleurissent tout autrement plus jolies 

Qu'au printemps.

Les oiseaux ont l'air de nous faire leurs adieux.

Ils partent on ne sait où même si les promesses

Du retour sont toujours tenues.

Emporte-nous au vent dans ton souffle

Avec ces feuilles blessées.

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27 novembre 2012

"Dans les steppes mortifères" dédié par Tierry demercastel

Dans les steppes mortifères( A Kertach Mohamed )

le dimanche 20 février 2011, à 18:37. Posté par AGRIPPA

 

 

Dans les steppes mortifères
Où se mire mon existence
Il y a des rires et des chagrins
L’aveu toujours plus vivace
De ces nuits profondes et graves

Et puis l’instant permis
Où la lumière se brise
Sur le flanc des couleurs
Où les poussières d’ici
Se mêlent à celles de l’orient

Où les regards se noient
En une même rose unique
Où d’ineffables silences
Abreuvent les mots solitaires
Sur l’ultime feuille blanche

Dans les steppes mortifères
Mon sang n’a plus de couleur
Il est d’ici ou d’ailleurs
Comme au premier jour
Bercé d’étranges chants

Alors un instant je chemine
En une paix intérieure
Dans l’éphémère prose
D’un songe sur le déclin
Qu’un poète parfois rassure

...

Dédié à mon ami et poète Kertach Mohamed


 

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commentaires ( 8 ) (Ajouter un commentaire)
Loïc le dimanche 20 février 2011, à 20:58
L'âme soeur et sa compréhension trouvées en l'amitié... J'espère que Mohamed lira.
Amitiés

----
http://www.mespoemes.net/cellox
vs591 le dimanche 20 février 2011, à 22:07
---- Un ami, également par les mots , qu j'aimerai tant relire !

Une intention juste t'anime, au delà des mots au delà des sentiments, plus qu'une amitié une fusion intellectuelle !

Donne de ses nouvelles !
Vincent

http://www.mespoemes.net/vs591
Agrippa le dimanche 20 février 2011, à 22:56
----Merci Vincent. Va dans mes liens et tu auras l’adresse de son blog. Ainsi tu pourras le lire
http://www.mespoemes.net/cauria
José le lundi 21 février 2011, à 12:03
"la lumière se brise
Sur le flanc des couleurs
Où les poussières d’ici
Se mêlent à celles de l’Orient"... une façon lumineuse d'appréhender cet entrelacs de liens que tisse une amitié. Amitiés.
worrell02 le lundi 21 février 2011, à 14:46
Une belle pensée pour notre ami KertacheMed dont les mots manquent sur le site.
Amitiés
Ivy
http://www.mespoemes.net/worrell02
claude le lundi 21 février 2011, à 22:36
même dans les steppes motifères il pousse toujours cette herbe vivace de la poésie que le vent couche mais que ta plume redresse.Cela prouve que certains coeurs comme le tien je pense n'ont aucune aridité.Le ruisseau des mots n'a que faire de la sécheresse des steppes, il abreuve toujours notre soif de lire,de penser,de rêver dans notre faux sommeil qui n'est ni plus ni moins qu'une vie endormie en nous.
domidom le mardi 22 février 2011, à 14:09
Très beau ce poème, plein de très belles métaphores...
Qu'importe où l'on se trouvent, la poésie est une merveille, un bon moment d'évasion pour les grands rêveurs que nous sommes....
Très bel hommage dédié à ton ami.
Au plaisir de te lire...
Amitiés...
Kertach Mohamed le jeudi 10 mars 2011, à 22:17
Je suis le premier concerné et le dernier à rejoindre , une absence hors de ma volonté. Merci infiniment cher Thierry, merci à ceux qui ont accompagné par leurs signatures cette belle page. Mes amitiés à tous, mes amitiés chaleureuses.

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01 septembre 2012

Septembre

Septembre !

Les adieux aux premières rencontres,

Tu rêves, ce soir de la vie.

L'été étend jusqu'à toi son étoupe.

Ce jour, on sème de nouveau les amertumes 

Que j'arroserai.

Ce silence c'est toujours toi.

 

" C'est dans les livres que j'ai rencontré l'univers: assimilé, classé, étiqueté, pensé, redoutable encore; et j'ai confondu le désordre de mes expériences livresques avec le cours hasardeux des événements réels." J.P. Sartre, Les Mots, Folio, p. 46.

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14 décembre 2010

La Médina de Fès

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16 octobre 2010

Pluie (1), impressions.

Des miroitements liquides ensemensent à l'infini la ville.
Gerbes d'étincelles, chapelets de murmures, imperceptibles sourires.
Frémissent veinules, meut nature, mottes palpitent.
Sautillent bourgeons assoupis, scintillent mèches de cheveux frisés.
Fissures encombrées, flottent paillettes, fourmis harcelées, lézardes affolées.

Cadence rythmée et précipitée de rayons d'eau,
Tapis d'osier doré, pébroque de pluie.
Continuité implacable de tintements mécaniques et mesurés.
Les gouttières acharnés tressent des faisceaux aqueux de cristaux amorphes, échevelés.

Flaques hérissées perlent des gouttes resplendissantes, capuchonnées,
parées, alignées en rangs parfaits.
Tringles et vitres dégoulinent des nervures cristallines. Fibres brillantes et
soyeuses de lumière s'amoncellent comme par pulsations en bulles veloutées,
régulières et bosselées, s'agrippent puis chutent une à une.                                                                             

*"L'enfance, même malheureuse, par quel bonheur la remplacer ?" Traduit de la poésie turque par Jean Pinquié(le regretté) et Levent Yilmaz. Paru dans "Anthologie de la poésie turque contemporaine", Publisud, 1991, pp 15 et 80.

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27 septembre 2010

Pensées d'automne

S'érige la demeure grise dans mon viseur.
Couleur d'argile cette plaine.
C'est la saison de la mue.
Voguent doucement les nuages blancs,
Gros de promesses.
Fumée à suivre jusqu'à l'autre raison.
M'obsède l'éternel filet de voix du ru.
Mes rêves, blondeur de paille restée sur l'aire.
S'effeuillent les branches nouées du noyer.
Bruit du vent au travers les volets clos.
Affluent les souvenirs du bon vieux temps,
Dans tous leurs plis.
Reflue le pâle soleil jusqu'à l'autre saison.
Pensées d'automne.

"Un monde nouveau, un monde toujours nouveau, un monde de toujours, jeune pour toujours, c'est cela le paradis".(Eugène Ionesco).

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03 septembre 2010

A une absente

   Je pense à toi mon amour, je pense à toi. Empli de toi ton souvenir ne me quitte pas. Résonne toujours en moi la douceur de ta voix. J'ai marché somnambule de quai en quai, de gare en gare, mes regards fixant les rails pouvant mener jusqu'à toi.
Le train aux phares borgnes sillonne la nuit. Tape, tape inlassablement des essieux. J'entends grincer ses freins à chaque escale me hante ta voix. Serais-tu parmi cette foule que je vois drapée sous les arcades de la nuit ? Serais-tu ce reflet incertain sur fond d'espoir ?
Le train hoquette et repart, brinquebale sa carcasse de fer et de bois, fonce dans la nuit velue, la nuit charnue, hulule à s'égosiller. Aux entre-chocs mortels et constricteurs des fers, aux aiguillages fourchus où le train hésite, à chaque tournant abrupt, quel chemin mènerait jusqu'à toi ?
La nuit se consume au feu qui brûle pour toi. Cette plume trempée dans la douleur d'être loin de toi ne rature que des odes tristes.
Sur les rails d'acier noirs et lisses glisse la nuit hérissée de rêves. Au passage, des branches d'arbres fleuries remuent, un flot d'amour m'envahit. Quels rêves effleurent ton sommeil ? Quelles fleurs s'offrent à ton réveil ?

 

Mains liquides, mains diaphanes, nuit et jour, sans grand bruit, caressent le galet

 

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18 août 2010

Paysages d'Almis de Guigou

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Photos prises cet été.

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Août

Des rayons brûlants à mon occiput en calvitie.
Mes pensées à même l'asphalte.
Tu t'en vas !
Un lourd silence pèse.
Quelle sente vont emprunter nos pas ?
Un regard de toi replié dans le mien.

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Je lis ta lettre

Je vais à ta lettre comme si j'allais à ta rencontre.
Combien de fois je t'ai relue, combien de fois !
Combien de fois je suis donc allé à ta rencontre !
A chaque hampe, aux bords des mots, à chaque point, chaque accolade,
Je scrute ces lignes, c'est de ta plume qu'elles sont allées.
J'imagine ton regard suivre leurs courbures
De tétines laiteuses,
Y injectant l'amour qui me nourrit
A chaque fois que mon coeur faillit.
Et je regarde à travers ces lignes ton regard,
Lequel donne à mes yeux la lumière pour te lire.
J'en ai fait la plume pour cocher mes lectures,
Mon livre de chevet,
Mais c'est elle que je lis la première.
C'est elle.

"Moments si doux de la folâtre jeunesse, qu'il y a du temps que vous êtes partis", J.J.Rousseau, Les Confessions.

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16 août 2010

La petite ville de Boulemane

 

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Photo013Jolie petite villPhoto046e au creux d'immenses montagnes à 18 kms Photo034d'Almis de Guigou.

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01 août 2010

Feu et Cendre. (Almis de Guigou).

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Dialogue des Amants

Je gagne ton port et me fonds dans son pelage félin,
Tu te moules dans mon corps coulé dans le tien,
Je me prends aux crêtes de tes lèvres salines,
Tu t'enlises dans leur pulpe tel un caillou dans la boue,
Tu sourds éruptif de mes spores câlines,
Je disparais en toi, tu te nies en moi,
Tu t'absorbes en moi, je me dissous en toi,
Je me noue, je m'incruste, je me dilue dans ton fin tissage,
Je m'imbrique, tu m'aspires,  je t'injecte l'enivrant éther,
Tu te mues en rêve, je suis ton oubli,
Je suis dans mon élément, tu t'accomplis en moi,
Il n' y a pas d'ailleurs, je croîs dans ton sol,
Une seule plante y pousse
C'est notre amour moulé dans le creuset du temps figé.

 

 

"Je croyais apprendre à vivre, j'apprenais à mourir", Léonard de Vinci, paru dans l'exergue de "La Route des Flandres" de Claude Simon.

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13 juillet 2010

Discours de la Chiromancienne

Diseuse du destin,

Liseuse des signes des paumes de tes mains,

Des lignes en sillons, des monts-îlots et des anneaux,

Les lignes remontent en rameaux,

Recoupent en terre de feu,

Aucun dessein en vue,

Que des plus-tard ou des plus-jamais,

Pas une goutte ne rafraîchit ces lits,

Quelque drame a asséché les rigoles jadis en crue,

C'est que tu n'aimes plus !

Malheureux en amour, Le chagrin est ton lot.

Des monts creux comme des fonds de pots.

Pas un feu ne remue la lie.

C'est que ton coeur a brûlé,

Et que plus rien n'attend !

Autour de quelle absence tournoient les anneaux,

Quand sont vides les noyaux ?

C'est que je n'augure rien de bon,

Mon enfant !

Cet orante prie pour toi.

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Genèse

D'abord plus rien,
Puis un grain ,
Une brise, un rayon de lumière,
Une motte,
Puis une goutte,
Et le jet implacable du dé,
Comme une baguette magique.
Sois !
Et le hasard est.

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05 juillet 2010

Flirt Matinal (Almis de Guigou à l'aube).

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Toi, rien que toi.

Toi qui tiens mon coeur en tes bonnes mains
Et le recouvres de délicatesses.
Toi qui lui insuffles ton instinct d'amour.
Toi qui en es la maîtresse et la reine.

C'est ton royaume ma belle. Faites !
Toi qui le tiens dans ton coeur,
Et l'irrigues de ton élixir
Qui lui donne sa raison d'être.

Toi qui éclaires de ta vue ma vie
Propre seulement à t'admirer.
C'est cette fin unique qui la justifie.
La passion se trompe-t-elle ?

Quel mythe, ma belle, peut égaler le nôtre ?
Quelle intelligence peut le briser ?
Les petits siècles ou les vagues millénaires !
C'est à l'éternité que notre amour est destiné.

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19 juin 2010

Le Bon Vieux Temps

C'était un temps hors du temps,
Et une vie d'avant la vie,
Dans un lieu pas comme tous les lieux.
Nous avions et nous étions.
Nous n'avions pas la dextérité des artisans,
Ni les soucis des grands,
Ni les rides des ans.
Heureux seulement, heureux pourtant.
Ah! Si nous savions !
Nous avions tout et n'avions rien.
Nous allions à tous les vents,
Désinvoltes, insoucieux, insouciants,
Pâmés dans l'éternité de l'instant,
Se riant des honneurs et des ambitions.
Nous étions tout et n'étions rien.
Heureux seulement, heureux pourtant.
Ah! Si nous savions !

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