Je pense à toi mon amour, je pense à toi. Empli de toi ton souvenir ne me quitte pas. Résonne toujours en moi la douceur de ta voix. J'ai marché somnambule de quai en quai, de gare en gare, mes regards fixant les rails pouvant mener jusqu'à toi.
Le train aux phares borgnes sillonne la nuit. Tape, tape inlassablement des essieux. J'entends grincer ses freins à chaque escale me hante ta voix. Serais-tu parmi cette foule que je vois drapée sous les arcades de la nuit ? Serais-tu ce reflet incertain sur fond d'espoir ?
Le train hoquette et repart, brinquebale sa carcasse de fer et de bois, fonce dans la nuit velue, la nuit charnue, hulule à s'égosiller. Aux entre-chocs mortels et constricteurs des fers, aux aiguillages fourchus où le train hésite, à chaque tournant abrupt, quel chemin mènerait jusqu'à toi ?
La nuit se consume au feu qui brûle pour toi. Cette plume trempée dans la douleur d'être loin de toi ne rature que des odes tristes.
Sur les rails d'acier noirs et lisses glisse la nuit hérissée de rêves. Au passage, des branches d'arbres fleuries remuent, un flot d'amour m'envahit. Quels rêves effleurent ton sommeil ? Quelles fleurs s'offrent à ton réveil ?

 

Mains liquides, mains diaphanes, nuit et jour, sans grand bruit, caressent le galet